The Rolling Notes
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LeDesk.ma est en ligne

 

Ils étaient attendus au tournant. L’équipe de LeDesk.ma a annoncé hier soir au environ de minuit trente le lancement officiel de la 1ère plateforme internet d’information en accès payant au Maroc. Basé sur un modèle économique digital qui a trouvé sa place et assis sa légitimité en Amérique du Nord et en Europe, LeDesk.ma se veut la vitrine d’un journalisme marocain d’investigation, libre, intelligible et démocratique.

A l’initiative du « Business Angel » Azizi Aouadi, LeDesk.ma a été développé en partenariat avec l’agence Datagif, architecte du site Liberation.fr. Son modèle référant n’est autre que Mediapart d’Edwy Plenel. Il ne fait aucun doute que les défenseurs de la liberté d’expression en matière de journalisme au Maroc soutiendront avec ferveur ce projet.

Cependant, ce lancement provoque des interrogations somme toute justifiable qui entoure la viabilité d’un tel modèle économique au Maroc. Intéressons-nous au sujet.

Pionnier de la presse numérique payante au Maroc

Les médias marocains surfent sur la vague internet depuis plus de 10 ans. Qu’ils s’agissent de pure players (médias uniquement présent sur le web) ou de déclinaison de médias traditionnels. Jusqu’alors la pérennité économique des médias numériques ne reposait que sur la monétisation des audiences en accès gratuit. Certains ont largement su tiré leur épingle du jeu et se tailler la part du lion, comme l’arabophone Hespress.com recordman d’audience internet au Maroc derrière Facebook (rien que ça !), le francophone media24 ou encore les reconversions digitales de LaVieEco ou de TelQuel pour ne citer qu’eux.

« Lorsque c’est gratuit, c’est que le produit c’est toi », cette phrase résume à elle seule le mécanisme économique basé sur une audience qui profite d’un accès gratuit à l’information en échange d’une exposition à des campagnes publicitaires. Mais peut-on se passer de publicité pour faire vivre un portail d’information au Maroc ? Les consommateurs marocains d’information en ligne sont-ils prêt à devenir des e-consommateurs ? Les chiffres de la FNEM (Fédération Marocaine du E-commerce au Maroc) s’avèrent rassurant, le nombre d’e-consommateurs ayant plus que doublé entre 2010 et 2014, tous secteurs confondus, tandis que le nombre de site e-commerce aurait été multiplié par 10 sur la même période.

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Ruée vers l’or numérique ?

73% de ces e-consommateurs seraient motivés par le gain de temps sur internet, argument qui fait mouche pour l’achat d’un bien physique. Seulement, l’information est immatérielle et rien aujourd’hui ne nous rassure rationnellement sur la volonté des e-consommateurs de passer le pas d’un achat en ligne de service ou encore de contenu d’information.

Toute la réussite de cette nouvelle plateforme dépend de l’acceptation des internautes marocains à se tourner vers l’achat de prestations intellectuelles dématérialisées sur internet et sur la capacité de LeDesk.ma à convaincre par son contenu et à marketer son lead.

A noter à titre comparatif que la réussite de Mediapart s’est basée sur une stratégie de légitimation et de différenciation de son offre journalistique d’investigation, positionnement pris et largement revendiqué par LeDesk.ma. « On l’a fait car nous croyons que seule notre liberté peut garantir la qualité de notre support, ce n’est pas un choix facile mais il fallait le faire » déclarait Fatima Zahra Lqadiri, DG du Desk.ma quelques semaines avant son lancement.

Le portail du médiatique Edwy Plenel avait quant à lui dû revoir ses ambitions moitié moindre à la baisse en termes de nombre d’abonnés, espérons pour cette expérience marocaine que le marché se dévoilera mature pour assurer la pérennité de son modèle économique.

Les réactions des internautes

Hier sur les réseaux sociaux, les commentaires abondaient, sans réelle surprise. L’équipe journalistique la plus « social média » était sur la sellette d’un lancement en soirée, et certains, même positivement curieux, n’aiment pas attendre. Un léger disfonctionnement de la version mobile serait à l’origine de cette impression de retard. D’autres, plus nombreux notamment sur Twitter, exprimaient leur soutien indéfectible à ce nouveau support qui de toute manière enrichira le paysage médiatique marocain et participera activement à l’élan démocratique. Extraits :

 

 

Les initiatives pionnières, c’est bien. Les initiatives qui marchent, c’est encore mieux. Il faudra plusieurs mois de recul pour connaître la réaction des internautes et constater la réussite du projet. L’offre commerciale d’abonnements apparaît très compétitive comparativement à une consommation d’information sur papier (60dhs/mois vs + 100dhs/mois pour un quotidien traditionnel).

L’objectif à moyen terme est fixé à 8 000 abonnés/an. Tous les ingrédients sont aujourd’hui réunis et la plateforme est lancée. Le Desk.ma est à découvrir gratuitement durant 10 jours.

A suivre de très très près…

Mathieu Bihan

Mathieu Bihan a évolué dans l’univers médiatique marocain et français depuis 2007. A ses début, il participe au développement de la marque média aufait. Après une expérience chez 20minutes à Paris, il se spécialise en développement et monétisation des audiences marocaines, accompagnant les médias traditionnels vers l’univers digital. Passionné de la première heure par les médias et leurs enjeux, amoureux des mots, il est également le créateur de la marque décalée #Casabancal.

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