Categories: Création & Design

Taxidermie du paysage, par Fatime Zahra Morjani

Vernissage à la Galerie Mohamed El Fassi à Rabat de l’exposition “TAXIDERMIE DU PAYSAGE” de l’artiste peintre FATIME ZAHRA MORJANI, du 3 au 15 décembre 2018.

La Peau du Monde est une peau de chagrin. Environnement, espace, espèces animales ou végétales, sociétés et cultures premières ou “primitives” semblent pris dans un tourbillon qui les évacue irrésistiblement vers un autrefois qui dévore notre présent au rythme de notre inexorable colonisation du monde. A travers sa taxidermie du paysage, a esquisse les contours d’un jardin devenu lieu de métaphores et retient au vol quelques éléments de ce maelström fuyant.

La taxidermie est l’art de préparer les animaux morts pour les conserver avec l’apparence de la vie. Avec l’herbier, autre technique de conservation, l’Homme devient collectionneur et archiviste de son propre environnement.

La taxidermie préfigure donc un monde sans animaux car ils auront rejoint celui des dinosaures et des mammouths, l’animal n’est plus que pour avoir péri, comme le dirait Aragon.

Une œuvre faisant référence à la taxidermie renvoie doublement au musée : en tant qu’œuvre d’art et en tant qu’objet qui trouve sa place dans les collections d’Histoire Naturelle. Il est les deux, mais à travers un voile d’ambiguïté où la Mort reste la condition de réalisation première de la création de l’œuvre.

Depuis la renaissance, la flore est devenue à la fois objet de production et de consommation domestiqué et standardisé, du fait des différentes révolutions vertes. A travers le prisme de l’art, elle participe aujourd’hui à remettre en cause les logiques d’un pouvoir consumériste. « Le traitement que la société réserve aux plantes est une image-miroir d’elle-même » affirme l’artiste autrichienne Lois Weinberger.

Par sa façon de disposer du « corps » des plantes, Fatime Zahra Morjani questionne le devenir de cette flore soumise aux intrusions de l’Homme dans sa volonté de soumettre son environnement. L’artiste est convaincue comme Paul Klee que « Le dialogue avec la nature reste pour l’artiste une condition sine qua non ; l’artiste est homme ; il est lui-même nature, morceau de nature dans l’aire de la nature ». Que reste-t-il du modèle (plante, animal, être vivant) après avoir été happé par l’œuvre, remodelé, recréé ? Quelle représentation du végétal perdure quand il n’existe plus ?

Abonnez-vous et ne ratez plus l'essentiel !

En vous inscrivant à notre newsletter, vous allez recevoir nos dernières actualités et nos meilleures publications. Nous ne vous spammerons pas, c'est promis :-) Vos données ne seront en aucun cas vendues, transmises ou divulguées à des tiers.

You have Successfully Subscribed!

The Rolling Notes

Le blog du marketing et de la transformation numérique. Retrouvez également l'essentiel de la communication, du social media, de l'innovation, des tendances et de la tech. Feed your Brain… Rock your Brand!

Share
Published by
The Rolling Notes

Recent Posts

Gozem annonce l’arrivée d’Othmane Bouhlal

Gozem accueille Othmane Bouhlal, le co-fondateur de Chauffeur-Privé en tant que conseiller stratégique. La startup…

7 days ago

Visa Everywhere Initiative

Les entreprises Fintech du monde entier sont invitées à participer à un concours afin de…

1 week ago

My Tea Card

Le fabricant d'emballages de thé SITI utilise la technologie HP Indigo pour produire des cartes…

1 week ago

Marketing Digital Vs Growth Hacking Vs Growth Marketing : Quelles différences ?

Marketing Digital, Growth Hacking et Growth Marketing sont des concepts qui portent souvent à confusion.

3 weeks ago

Realme : Promotion pour la Saint-Valentin

Realme, la marque destinée aux jeunes, fête la Saint-Valentin en offrant des promotions sur ses…

3 weeks ago

Plateforme d’expérience numérique Grohe X

La plateforme numérique Grohe X permettra aux visiteurs de créer leur propre expérience grâce à…

4 weeks ago