| EN BREF | Le Sommet Digital EMERGING Mediterranean s’est tenu lundi 14 décembre après-midi en direct du stade Orange-Vélodrome de Marseille et a été diffusé simultanément en ligne. L’évènement a réuni les plus grands acteurs et experts de l’innovation et de la Tech For Good. A l’occasion de ce temps fort riche en échanges, de nombreuses initiatives transformant la Méditerranée, pour une région plus résiliente, ont été présentées. Cet après-midi de débats donnera lieu à la publication d’un Livre Blanc durant le premier trimestre 2021, préfigurant ainsi l’émergence du Do Tank de la Tech For Good en Méditerranée qu’est en train de devenir EMERGING Mediterranean, bien au-delà d’une conférence. Plus de 20 speakers d’excellence, 8 tables rondes et keynotes de haut-niveau, 10 pitchs vibrants, 5 lauréats d’exception et déjà plus de 2.500 personnes qui ont suivi l’ensemble des débats de la conférence digitale en live ou en replay sur la plate-forme dédiée sur EventMaker ainsi que sur le Facebook Live d’EMERGING Mediterranean pour s’inspirer et rejoindre la belle communauté EMERGING Mediterranean ! Une journée qui s’est clôturée par l’annonce des 5 startups lauréates d’EMERGING Mediterranean qui accèdent dès janvier 2021 au Social & Inclusive Business Camp.

Pour rappel, EMERGING Mediterranean est un programme fondé par Samir Abdelkrim et issu des travaux réalisés durant les forums préparatoires du Sommet des deux rives. Il est soutenu par l’Agence Française de Développement et vise à identifier et accélérer la mise à l’échelle des futurs leaders de la Tech For Good et de l’innovation positive d’Algérie, de Libye, du Maroc, de Mauritanie et de Tunisie.

Le nouveau rendez-vous des acteurs de la Tech For Good en Méditerranée

Faire du Numérique une force de la Rive Sud de la Méditerranée, mobiliser les expertises pour une région plus résiliente, transformer le regard des investisseurs internationaux sur le Maghreb pour sécuriser une pipeline durable de pépites à impacts entre les deux rives de la Méditerranée, accélérer le Développement Durable de la région par le Digital et la sobriété numérique, mettre l’entrepreneuriat féminin au cœur de la nouvelle révolution digitale au Maghreb, combattre les préjugés auprès des investisseurs, mais aussi booster l’entrepreneuriat des talents de la Diaspora sont autant de sujets inspirants et impactants ayant été discutés lors du Sommet Digital. 

« Je salue la démarche d’inclusivité d’EMERGING Mediterranean, qui a pour objectif de mettre en réseau les entrepreneurs du changement en Méditerranée. Les premiers résultats de cette initiative dynamique permettent d’agir concrètement en faveur de l’entrepreneuriat, de la résilience et de la Tech For Good en Méditerranée », a déclaré Monsieur l’Ambassadeur Karim Amellal, Délégué Interministériel à la Méditerranée, dans ses mots d’ouverture du Sommet Digital.

Fidèle soutien du programme depuis sa conceptualisation, Monsieur l’Ambassadeur a réitéré son appréciation sur le bien-fondé de ce projet, exemple concret d’une initiative au service d’une Méditerranée d’avenir, innovante et solidaire. Ce premier plaidoyer pour l’action a été suivi de l’interview exclusive par Samir Abdelkrim de Salwa Toko, Présidente du Conseil National Numérique, au cours de laquelle a été évoqué le rôle du numérique comme force du bien entre les deux rives de la Méditerranée.

Véritable plaidoyer pour la Tech for Good en Méditerranée, le Sommet Digital EMERGING Mediterranean a été rythmé par trois grandes thématiques indissociables à son développement : le financement de l’innovation positive au Maghreb, la valorisation de la biodiversité et la place de l’entrepreneuriat féminin.

— Tous les échanges sont disponibles en replay sur la chaîne YouTube d’EMERGING Mediterranean

Le financement de l’innovation méditerranéenne

Après les deux interventions inaugurales, est venu le tour du premier panel, consacré au financement de la Tech for Good en Méditerranée et intitulé « Quels enjeux et perspectives à l’horizon 2030 ? Comment transformer le regard des investisseurs, pour sécuriser demain un pipeline durable de pépites à impacts entre les 2 Rives de la Méditerranée ? ».

Pour échanger sur la question, Samir Abdelkrim, accueillait Sami Agli, Président de la Confédération Algérienne du Patronat Citoyen ; Isabelle Bebear, Directrice des affaires internationales et européennes chez Bpifrance ; Kenza Lahlou, General Partner chez Outlierz Ventures ; Stéphan-Eloïse Gras, Directrice Exécutive de Digital Africa et Rym Jarou, CEO de Smart Tunisia. 

Les investisseurs et bailleurs présents se sont entendus sur de nombreux points, notamment sur l’importance de construire un écosystème favorable à l’épanouissement des startups qui doit passer par la structuration de l’investissement privé. Stéphan-Eloïse Gras a, ainsi, souligné le manque de continuum dans les produits financiers mis à disposition des entrepreneurs. Il est important à ses yeux de leur proposer une gamme complète de sources de financement pour les accompagner dans les différentes phases de croissance.

Face à ce constat, Digital Africa a lancé de nouveaux fonds d’investissement et BpiFrance, une activité de Fonds de fonds sur le continent. Sami Agli et Rym Jarou ont, quant à eux, insisté sur un autre aspect de la construction de l’écosystème : l’élaboration d’un cadre juridique favorable aux startups. Les Startups Acts qui apparaissent dans la région – déjà en place en Tunisie – ont ainsi été salués comme un modèle d’inspiration.

Facilitation financière, exonérations fiscales, valorisation de la recherche et de l’innovation : ils apparaissent aux yeux des panélistes comme des outils méritant de s’exporter. « Il est indispensable de structurer l’écosystème. Cela doit passer par une réflexion autour du capital risque, de la législation relative au développement des startups et de la valorisation de l’innovation », commente Sami Agli, Président de la CPAC.

De l’importance d’une mobilisation générale des différents secteurs économiques

Pour finir, Kenza Lahlou a souligné l’importance d’une mobilisation générale des différents secteurs économiques. Il est nécessaire qu’ils soient prêts à accueillir les jeunes startups et leurs idées innovantes, afin qu’ensemble ils puissent co-construire les solutions digitales de demain. Selon elle : « Les secteurs traditionnels doivent être prêts à se déréguler, afin de donner aux entreprises innovantes une chance de les améliorer. »

Après ce panel, Cyril Collon, General Partner chez Partech Africa et Jérémie Pellet, Directeur général d’Expertise France, se sont exprimés sur les différentes initiatives menées par leurs organisations respectives dans la région, et l’état des écosystèmes dans lesquels ils interviennent principalement (respectivement l’Egypte, et Libye & Tunisie). 

Cyril Collon a ainsi dressé le portrait des écosystèmes du Maghreb et est revenu sur leurs potentiels de croissance : « C’est parce que l’on va financer des modèles rentables qui s’attaquent à de véritables problèmes du Continent, que l’on va être capable d’avoir un impact et un déploiement très large ».

Jérémie Pellet a quant à lui détaillé les programmes visant à encourager l’entrepreneuriat en Tunisie et dans les diasporas, et sur les initiatives dédiées à soutenir les jeunes libyens dans la reconstruction de leur pays (écoles de codage, université en ligne, FabLabs…). 

Biodiversité et digital, une réponse aux défis du Maghreb

Les discussions se sont poursuivies autour d’un panel consacré à la biodiversité : « La Méditerranée, nouveau Laboratoire des ​“O3D” ? ​ : Comment accélérer le développement ​durable par le digital en Méditerranée ? ». 

Pour cette plénière, Samir Abdelkrim accueillait Patricia Ricard, Présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard, Isadora Bigourdan, Chargée d’affaires senior à l’Agence Française de Développement, Sarah Toumi, Membre du Conseil Présidentiel pour l’Afrique Jean-Marc Philip, Président d’Oshun et les lauréats de l’AFD Digital Challenge, Mohamed Tabyaoui, Fondateur de Prevdev (Maroc)​, et Amor Sahnoun, ​Fondateur de Bus Sotware (Tunisie).  

Patricia Ricard et Isadora Bigourdan ont ainsi mis en évidence ce qu’elles considèrent comme une véritable vague verte d’innovations technologiques en Méditerranée, portée par des entrepreneurs responsables qui veillent à répondre aux problématiques de leurs quotidien en inventant des réponses économiquement, socialement, démocratiquement et écologiquement durables.

La présence et le travail de Mohamed Tabyaoui et Amor Sahnoun illustraient parfaitement l’émergence de ces Makers sensibles à l’innovation responsable. Jean-Marc Philip est revenu, quant à lui, sur la question de la gestion de l’eau en Méditerranée, rappelant que les deux rives partagent les mêmes préoccupations vis-à-vis de cette ressource vitale.

Il a ainsi évoqué les différentes innovations mises en place pour favoriser l’accès à l’eau dans la région. Tout en alertant sur les défis auxquels la Méditerranée et sa biodiversité sont confrontées, Patricia Ricard s’est dit convaincue du rôle essentiel de l’innovation digitale pour y répondre. L’association de la biodiversité et du numérique promet selon elle l’élaboration de réponses à la crise de la biodiversité en Méditerranée.

Digital-EMERGING-Mediterranean

L’entrepreneuriat féminin, moteur de la révolution digitale méditerranéenne 

Un panel 100% féminin consacré à l’entrepreneuriat féminin a clôturé cette série à impact : « Women For Good : Mettre l’entrepreneuriat féminin au cœur de la nouvelle révolution digitale en Méditerranée ! ». 

Aissata Lam, Présidente de la Jeune Chambre de Commerce de Mauritanie, Amel Saidane, Présidente de Tunisian Startups, Salwa Toko, Présidente du Conseil National du Numérique, Leila Benyoucef, Fondatrice de KiddySorties, Lamiae Benmakhlouf, Directrice générale du Technopark de Casablanca, et Shadda Elmagri, Co-fondatrice de Deraz ont participé à cette plénière. 

Encore une fois, les speakers se sont entendues sur plusieurs constats : si le nombre de femmes entrepreneuses ne cesse d’augmenter, il reste néanmoins encore faible. Lamia Benmakhlouf a donc insisté sur le fait que les femmes avaient besoin d’être coachées et mentorées afin d’être en mesure de rompre avec leur isolement et de sauter le pas de l’entrepreneuriat : « Les femmes ont besoin d’être boostées et accompagnées pour rompre leur isolement et en faire des entrepreneuses accomplies.»

Salwa Toko a rappelé que trop souvent encore, les femmes entrepreneures sont sous-estimées par les investisseurs, et qu’elles se dévalorisent elles-mêmes, renonçant même à s’engager dans le secteur de la tech. Aissata Lam et Amel Saidane ont rebondit sur ces propos en appelant les hommes à s’éduquer sur la question de l’égalité, puisqu’au-delà d’encourager les jeunes filles à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, il y a à leurs yeux tout un système misogyne à restructurer.

Seuls 2% des VC funds sont destinés aux startups dirigées par des femmes

Amel Saidane a ainsi déclaré : « Aujourd’hui, seuls 2% des VC funds sont destinés aux startups dirigées par des femmes ! Il est donc également essentiel de sensibiliser les investisseurs, majoritairement masculins, et de se rapprocher de ceux qui partagent la vision d’un monde égalitaire ».

Pour clôturer ces échanges intenses, Samir Adbelkrim a déclaré : « La Rive Sud de la Méditerranée est riche de startups œuvrant pour impacter et résoudre les problèmes de leur société tout en formalisant, grâce à la technologie, l’informel : éducation, environnement, entrepreneuriat féminin, santé, agriculture, économie sociale et solidaire. Les identifier, les accompagner à devenir pérennes et leur donner toutes les chances de convaincre les investisseurs et les bailleurs pour accélérer leur mise à l’échelle représente un enjeu de taille. Forte de ses talents, la Méditerranée est légitime pour avoir sa place dans le jeu mondial de la Tech. Mais cela ne pourra se faire qu’avec des législations nationales favorables et la collaboration du plus grand nombre parmi tous les acteurs nationaux et internationaux de l’écosystème. »

Les 5 lauréats EMERGING Mediterranean sélectionnés lors du Sommet Digital, deux mois après le lancement du programme

Après l’appel à candidatures ayant remporté un grand succès (227 candidatures reçues dont un tier porté par des femmes), le BootCamp des 2 Rives qui a permis de sélectionner les 10 finalistes les plus impactants et ingénieux tout en apportant des réponses avancées à des réalités très terrains, le Sommet Digital a été l’occasion d’élire les 5 startups lauréates EMERGING Mediterranean :

  • Pour l’Algérie : YSA MED TECH. Cette startup e-santé a été fondée par Mourad Mohammed Benosman. Elle est spécialisée dans le traitement des douleurs et du stress chroniques comme les sciatiques, les lombalgies, les spondylarthrites ankylosantes, l’arthrite ou encore l’arthrose. Ses deux appareils, dont le premier est déjà breveté à l’international, permettent de mesurer le niveau de douleur puis, grâce à la technologie lumière pulsée, de la soulager. En savoir plus sur : www.ysamedtech.com
  • Pour la Libye : Speetar. Startup e-santé créée par Ahmed Khaled Elfaituri, Speetar est une plateforme de télémédecine disponible sur le web et via une application. Elle met en relation les médecins de la diaspora avec les patients libyens, qui, dans leur pays, ont besoin de soins médicaux. Sa solution repose sur un modèle tout en un : carnet de santé numérique, prise de rendez-vous en ligne, téléconsultation. En savoir plus sur : www.speetar.com 
  • Pour le Maroc : MyTindy. Portée par Aida Kandil, cette startup de l’économie sociale et solidaire est une marketplace spécialisée dans l’artisanat africain qui offre à de nombreux artisans marocains une solution et un accompagnement,  afin de vendre en ligne leurs produits et développer leur activité. Une plateforme qui, en se développant, pourrait bénéficier à un grand nombre d’artisans au Maghreb. En savoir plus sur : www.mytindy.com
  • Pour la Mauritanie : DAADOO VDP. Aminetou Sy a créé cette startup qui œuvre pour la résilience climatique grâce à la revalorisation des déchets plastiques en briques et pavés. Ces matériaux de construction sont également anti-sel et anti-humidité, pour être résistants dans les zones inondables. DAADOO VDP allie impact environnemental grâce à la solution qu’elle apporte contre l’enfouissement des déchets plastiques, impact social en travaillant avec un groupement de plus de 1 500 femmes et impact économique en créant de l’emploi. En savoir plus sur : https://www.facebook.com/daaddosarl/ 
  • Pour la Tunisie : Kyto-Prod. Créée par Olfa Kilani, cette société Agritech, innovante en biotechnologies a développé une solution d’économie circulaire. Elle propose une large gamme de produits et de superaliments à base de Chitosan, une molécule naturelle ayant de multiples usages dans l’industrie de la cosmétique, du textile, de l’agro-alimentaire et du paramédical.  En savoir plus sur : www.kytoprod.com

Les 5 lauréats intégreront, dès janvier, le programme d’accélération à haute valeur ajoutée du Social & Inclusive Business Camp. En outre, ils bénéficient d’un package constitué des éléments suivants : une bourse d’amorçage de sept mille euros (7.000 €), un important push de visibilité, la prise en charge de leur venue à Marseille (transport et hébergement) pour le Sommet annuel EMERGING Valley et un Full Access avec les rencontres investisseur, la participation aux Mediterranean Digital Dialogues et des rencontres de partenaires de premier plan lors du prochain Sommet des deux rives de la Méditerranée.

D’autres temps fort à venir au cours des prochains mois

EMERGING Mediterranean communiquera au cours des prochains mois sur l’avancée de ses 5 lauréats dans son programme, au sein d’un Livre Blanc découlant des échanges du Sommet Digital et véritable force de proposition en matière d’accélération de l’innovation positive en Méditerranée mais également sur la participation des membres du programme, les 7 et 8 avril 2021, à la prochaine édition d’EMERGING Valley, sommet rassemblant les entrepreneurs, décideurs, et experts africains et mondiaux du numérique sur le territoire d’Aix-Marseille-Provence.

Samir Abdelkrim conclut : « Notre Sommet Digital EMERGING Mediterranean était le second temps fort de ce programme mais il est aussi l’aboutissement de plusieurs années de rencontres et d’échanges avec l’écosystème de la Tech for Good en Méditerranée. Plus convaincu que jamais que la région Méditerranée a tous les atouts pour devenir le Hub de l’innovation positive entre l’Europe et l’Afrique, je suis heureux d’avoir pu mener ce grand projet et réunir les experts et acteurs de cette région du monde autour de discussions inspirantes. Les débats et les échanges qui en ont découlé permettront la rédaction d’un plaidoyer en faveur de la Tech For Good en Méditerranée, un Livre Blanc dont la présentation aura lieu lors du sommet EMERGING Valley, spécial Résilience, les 7 et 8 avril 2021.  Je remercie également mes équipes, nos partenaires et tous les experts qui se sont mobilisés ces derniers mois, ainsi que les startups maghrébines qui ont répondu massivement à notre appel à candidatures. C’est grâce à eux tous que cette première édition du programme a pu se réaliser et connaître un tel succès. »