Votre entreprise a peut-être un site web, comme environ 3% des entreprises marocaines. Bravo, vous pouvez en être fier. Cependant, il y a de forts risques que ce site existe déjà depuis quelques années. Correspond-il toujours aux devices et dispositifs utilisés pour accéder à Internet ? Aux nouveaux services et aux nouveaux comportements des utilisateurs ? On fait le point…

Votre site web a-t-il plus de deux ans ? Ce n’est pas vieux, mais il y a dès lors de forts risques pour qu’il ne corresponde plus aux exigences d’aujourd’hui. Et même s’il est plus récent, les ajustements ne sont jamais superflus et ce n’est jamais une mauvaise idée d’exécuter des audits réguliers. Pourquoi ? Histoire de vous assurer que votre site est performant sur les fonctionnalités les plus essentielles à un site Internet en bonne santé, version 2019-2020.

Qu’il s’agisse d’une simple carte de visite en ligne au site e-commerce complexe avec des milliers (voire des millions) de produits référencés, la checklist permettant d’évaluer la compétitivité de quelque site Web que ce soit reste constante. Cette checklist tient en 5 points, d’égale importance :

  • #1. Vitesse
  • #2. Optimisation SEO
  • #3. Flexibilité
  • #4. Réactivité mobile
  • #5. Expérience utilisateur

#1. Vitesse

Les problèmes de vitesse sont l’une des principales raisons pour lesquelles les utilisateurs quittent un site Web prématurément. Sachant que la durée d’attention moyenne en ligne est inférieure à 3 secondes, un site Web lent est une véritable impasse.

Deux études consécutives, de Google et de Akamai (ex-SOASTA, fournisseur de solutions de gestion de la performance numérique) ont démontré que 53% des visiteurs de sites mobiles délaisseront une page dont le chargement prendra plus de 3 secondes. Et les sites qui se chargent en moins de cinq secondes voient une augmentation de 70% du temps moyen des sessions. Et même les dixièmes de secondes comptent : un délai de 2 secondes peut réduire les taux de conversion de 37%.

Alors, quel serait le temps d’attente maximal qu’un internaute tolérera sur votre site Web ? Pas longtemps : les temps de chargement optimaux pour les taux de rebond les plus bas s’échelonnent donc entre 700 ms et 1,2 secondes pour tous les types d’appareils. Au-delà, vous le perdrez probablement, alors que vous vous serez déjà cassé la tête à essayer de le faire arriver… Conclusion : ne perdez pas votre temps et votre argent à investir dans de la publicité numérique si, en arrivant sur votre site Web, les internautes le quittent parce que son ouverture prend trop de temps. Je vous aurai plutôt conseillé de dépenser ce budget pour l’optimisation de la vitesse.

Google PageSpeed vous permettra de réaliser des tests de vitesse. En-dessous de 50, vous avez un réel problème de vitesse qu’il est impératif de résoudre rapidement. Comment ? La mise en cache et l’optimisation d’images permettent des gains rapides, mais le code et l’infrastructure technologique peuvent aussi être en cause. Quel que soit l’investissement, rappelez-vous que l’augmentation du taux de conversion est à la clé.

#2. Optimisation SEO

Quelle que soit votre activité en ligne, si vous souhaitez être et rester visibles auprès de vos utilisateurs, prospects ou clients, vous devez absolument optimiser votre site Internet pour le référencement sur les moteurs de recherche, ou SEO. Et alors que les moteurs de recherche deviennent de plus en plus intelligents, d’année et année, ils ne se concentrent plus uniquement sur des mots-clés et certains critères d’optimisation primitifs. Ils recherchent les meilleurs résultats pour les requêtes de leurs utilisateurs, en fonction du contexte et de l’expérience des lecteurs. Dans le même temps, l’expertise, l’autorité et la fiabilité des créateurs de contenu est amenée à prendre de plus en plus d’importance chaque année.

Je vous invite à tester votre score de référencement en ligne avec des outils tels que Woorank, qui vous donnera aussi des recommandations sur ce qui peut être optimisé. Mais gardez bien à l’esprit que le référencement est une contrainte à intégrer dès le développement du site Web et que, quand il s’agit de rédiger pour le Web, il n’y a pas de solution de facilité : prouvez à vos utilisateurs que vous vous souciez d’eux, de ce qu’ils recherchent, de ce qui les intéresse.

La clé du contenu à succès ? Intéressant, pas trop long, éducatif et/ou inspirant. Tout en gardant à l’esprit les tendances SEO du moment qui sont en train de rebattre les cartes : référencement mobile, recherche vocale, impact des contenus vidéos, mariage du SEO et de l’intelligence artificielle avec RankBrain

#3. Flexibilité

La flexibilité est la condition sine qua non qui permet à votre site Web de vivre dans le temps. La flexibilité désigne notamment votre capacité, en tant que propriétaire et administrateur du site, à mettre à jour / supprimer le contenu, ajouter de nouvelles pages… Si votre site web est codé en dur, vous ne pourrez rien modifier, ce qui fera de votre site Web un monument de marbre à l’expérience statique pour les utilisateurs et les moteurs de recherche. Que votre site Web ne soit qu’un simple site vitrine, vous devrez néanmoins mettre à jour son contenu de temps à autre. Assurez-vous de pouvoir le faire vous-même, facilement et rapidement.

Dans un paysage numérique en constante évolution, où la technologie et les tendances semblent progresser chaque jour, la flexibilité désigne aussi la capacité des sites Web à s’adapter, à rester pertinent : peut-il grandir avec votre organisation ? Peut-il s’intégrer à un nouveau logiciel ? Le design pourra-il être rafraîchi ?

Ces facteurs sont essentiels lors du choix de la plateforme technologique sur laquelle s’appuiera le développement de votre site. La liberté, l’évolutivité et la flexibilité de certains CMS (Drupal, WordPress) permettent aujourd’hui de développer des sites Web personnalisés sur lesquels s’appuyer durant de nombreuses années.

#4. Réactivité mobile

Sincèrement, si votre site Web n’est pas compatible avec un smartphone en 2019, vous ne devez pas attendre une seconde de plus : c’est une exigence indispensable qui affecte non seulement votre référencement mais aussi la qualité de l’expérience utilisateur. Aujourd’hui, les acheteurs utilisent leur téléphone pour entrer en contact, trouver un magasin, consulter les avis, vérifier les prix… le téléphone mobile est un outil essentiel de la navigation Web. Comme le signalait Statista, en 2018, 52,2% de l’ensemble du trafic des sites Web dans le monde était généré par les téléphones mobiles, contre 50,3% l’année précédente (en 2012, la statistique n’était que de 27%). Dans les régions dépourvues d’infrastructures, où l’Internet mobile fournit souvent des connexions plus fiables, les chiffres sont encore plus élevés : en 2017, le mobile représentait 65,1% de tout le trafic Web en Asie et 59,5% de tout le trafic Web en Afrique.

En tout cas, pas besoin de boule de cristal pour prédire la montée en puissance du mobile, mais il est toujours étonnant de voir combien d’entreprises s’appuient encore sur des sites non-responsive.

Dans le même temps, Google a décidé de donner la priorité à l’expérience des utilisateurs mobiles par rapport aux utilisateurs desktop en termes de SEO en publiant en mars 2018 la première mise à jour de l’indexation mobile : « La première indexation mobile signifie que Googlebot utilisera désormais la version mobile de votre site pour l’indexation et le classement, afin de mieux aider nos utilisateurs (principalement mobiles) à trouver ce qu’ils cherchent. » lit-on dans le communiqué de lancement.

#5. Expérience utilisateur

  • Convivialité.
  • Accessibilité.
  • Facilité d’utilisation.
  • User-friendliness.
  • Souci de l’expérience de l’utilisateur.

Qu’impliquent ces concepts ?

Tout ce que n’est pas l’« Impossible Teapot » (ou « Teapot for Masochists ») dessiné en 1969 par le designer français Jacques Carelman, théière absolument inutilisable et bien loin de l’approche Web qui exige une interaction homme-machine fluide et des produits digitaux (plateformes, applications, logiciels…) pensés du point de vue de l’utilisateur.

De la même manière qu’une souris d’ordinateur a été construite comme une main humaine, votre site Web doit en effet être organisé en fonction du cerveau humain : quelle satisfaction / frustration éprouve-t-il en l’utilisant ? a-t-il été en mesure de trouver l’information dont il avait besoin ? A-t-il aimé surfer sur le site ? L’a-t-il trouvé visuellement attrayant ? Car un site Web, pour être pertinent en termes d’expérience utilisateur, doit parler autant au cœur qu’au cerveau de l’internaute.

La convivialité Web a donné naissance à une sous-discipline de la conception Web qui œuvre pour qu’il soit facile pour l’utilisateur de se familiariser et d’utiliser aisément l’interface dès le premier contact avec le site. Pour cela, il est crucial d’analyser les préoccupations des utilisateurs le plus tôt possible lors de la conception du site et de mettre à profit les enseignements du neuromarketing.

Vitesse, optimisation SEO, flexibilité, réactivité mobile, expérience utilisateur sont autant de critères à monitorer tout au long de la vie de votre site Internet pour en évaluer la pertinence et la performance.

Mais pour évaluer la concordance entre votre site Web et les standards actuels, un conseil s’impose : ne vous fiez pas à votre propre opinion.  Des outils de mesure, cités en nombre plus haut, vous apporteront un éclairage neutre et extérieur à ne pas négliger : en effet, vous avez probablement participé à la création et au contenu de votre site, vous l’adorez, c’est votre œuvre, votre bébé. Ne négligez pas le fait que ce qui peut vous sembler évident peut être source de confusion chez des utilisateurs nouveaux ou moins avertis, et réciproquement.

Bon courage !