Installé depuis janvier 2016 à Dubaï, El Mehdi Benslim, CEO de Buzzkito Network, revient sur les principaux faits marquants de son développement à l’international et nous présente par la même occasion la nouvelle unité de production audiovisuelle de Buzzkito.

Pour rappel, Buzzkito est un media dédié aux « Millenialls », spécialisé dans la production et la distribution de contenus engageants pour les marques.

Bonjour, pouvez-vous nous rappeler les activités de Buzzkito et son rôle sur la scène arabe ?

Buzzkito a pour principal objectif de comprendre son audience et d’échanger avec elle pour mieux la servir. Nous avons très tôt décidé de produire du contenu positif et de le partager avec le plus grand nombre. Cela fait partie de mon ADN en tant qu’entrepreneur : il y a 10 ans, j’accompagnais les artistes marocains pour les aider à produire leurs œuvres et les distribuer sur internet. Malheureusement l’environnement économique ne s’y prêtait pas à ce moment-là.

Aujourd’hui, nous produisons au quotidien plus de 100 contenus audiovisuels et écrits, consommés dans plus de 45 pays, avec un grand succès au Maghreb et dans la région du Golfe. La data générée par les dizaines de millions d’interactions que nous avons mensuellement avec notre audience, nous permet de nous positionner comme un interlocuteur privilégié pour les annonceurs qui veulent améliorer leurs processus de production et de diffusion de contenus.

Etes-vous donc une agence de publicité ou un media ?

Nous sommes les deux à la fois, car nous nous devons de l’être. Aujourd’hui, les marges des agences se réduisent car les clients disposent de plus d’informations concernant les coûts de production et les medias ne peuvent plus compter que sur les revenus publicitaires classiques à cause des Adblocker et de l’impertinence des bannières.

On constate ainsi une réelle compétition entre les agences et les groupes medias qui se traduit par de grands mouvements capitalistiques. Disney a par exemple investi dans le groupe Vice , spécialisé dans le brand content, pour une valorisation de 5 milliards de dollars. De même CNBC a investi dans VOX Media pour une une valorisation de plus de 1 milliard de dollars. A beaucoup plus petite échelle, Buzzkito essaye de se positionner dans cette nouvelle industrie.

On nous a souvent reproché d’avoir une position qui n’est pas assez claire. Aujourd’hui nous, nous sommes fiers d’avoir surfé sur cette ligne disruptive et d’avoir mélangé les genres grâce à la technologie.

Nous sommes une des seules structures marketing dans le monde arabe qui se positionne comme un one stop shop pour les annonceurs. Nous avons de multiples solutions de productions, de diffusion et de planification de contenus. Nous avons décidé même d’intégrer le métier de producteur de films publicitaires télévisuels en lançant Buzzkito Films afin d’accroître notre champs d’intervention.

buzzkito_logo

Justement, pourquoi avez-vous décidé de vous lancer cette nouvelle unité ?

Au-delà de l’opportunité économique, nous voulons étendre notre approche en l’intégrant à tous les domaines de production de contenus pour le compte d’annonceurs. Je suis quelqu’un qui aime quantifier la valeur émotionnelle d’un contenu. Aujourd’hui, nous pouvons le faire grâce à la technologie.

Il faut savoir que les réseaux sociaux encouragent les producteurs d’émotions positives, car cela leur permet de faire de la rétention d’audience, et ils nous mettent à disposition beaucoup d’insights pour quantifier l’actif émotionnel d’un contenu.

L’ancienne approche consistait à valoriser un film publicitaire en fonction de son budget, plus ce dernier était cher, plus le réalisateur était prestigieux par son tarif/jour, plus le film était jugé pertinent. Aujourd’hui, nous remarquons que les annonceurs font des films télévisuels qui s’inspirent des codes du digital. Buzzkito a donc décidé d’investir ce domaine et de connecter les filmmakers du monde arabe avec les annonceurs du monde arabe.

Et pour finir, comment avez-vous été accueilli par le marché à Dubaï ?

Dubaï est « la capitale du Marketing » dans le monde arabe. Les grands annonceurs y pilotent leur stratégie pour les pays du GCC, du Levant, du Maghreb et dans certains cas l’Afrique. Buzzkito a eu la chance d’arriver avec une taille critique pour pouvoir les intéressés. Nous sommes venus avec des chiffres très honorables, plus de 80 millions de vues par mois sur nos plateformes, et un reach avoisinant les 200 millions lors des périodes de forte consommation de contenus.

Nos tarifs les ont aussi interpellés de par leur compétitivité naturelle. Contrairement aux structures historiques basées à Dubaï, une grande partie de nos coûts sont supportés par la plateforme de Casablanca : writing , post production, administratif… L’équipe de Buzzkito est très satisfaite de la mise en place de de Buzzkito à Dubaï, car cela nous donne accès à un marché constitué de plus de 22 pays et plus d’un millier de clients. C’est une ville où la « dynamique de pitch » est une des plus élevées dans le monde.