Après les nanas benz ; place aux nanas digitales !

Le digital change le monde ! Alors que le nombre d’emplois dans le numérique ne cesse d’augmenter, le constat est sans appel : ce secteur en pleine croissance manque de talents féminins. La formation aux métiers dans le digital est une rampe d’accès aux meilleures opportunités professionnelles et un accélérateur de carrière pour donner aux femmes leur juste place dans le numérique.

L’Afrique est le 1er continent de l’entrepreneuriat féminin où les femmes produisent près de 65 % des biens du continent. La digitalisation à grande vitesse et la démocratisation des nouvelles formes de technologie ont permis aux sociétés africaines d’être les mieux placées au niveau mondial en termes de leadership féminin et de parité ou encore de renforcer la visibilité des femmes dans divers secteurs d’activité plus rapidement. 

Parmi les 30 % de femmes entrepreneures que compte le continent africain, de nombreuses femmes ont investi la scène Tech comme Arielle Kitio (Caysti) au Cameroun, Nafissatou Diouf (SenVitale) au Sénégal, Christelle N’Cho Assirou (ICTINA) en Côte d’Ivoire, pour ne citer qu’elles.

Le Sénégal multiplie les incubateurs et les fonds d’investissement pour permettre aux startups de se développer et atteindre 35 000 emplois directs dans le domaine des nouvelles technologies d’ici 2025.

Au Sénégal, qui accueillera notre première édition en Afrique, les femmes constituent 30% de l’écosystème numérique, me confiait Fatim Niang Niox, Directrice Executive de Jokkolabs, alors qu’en France elles ne représentent que 10% dans le digital. Le pays dispose d’un vivier d’initiatives transformant la société en profondeur et stimulant l’entrepreneuriat et l’innovation. Le Sénégal multiplie les incubateurs et les fonds d’investissement pour permettre aux startups de se développer avec l’objectif ambitieux d’atteindre 35 000 emplois directs dans le domaine des nouvelles technologies d’ici 2025.

Plus globalement, le continent africain ne peut tirer parti de ces opportunités qu’en préparant sa jeunesse aux métiers de demain.

A l’horizon 2030 plus de 30 millions de jeunes Africains entreront chaque année sur le marché du travail et d’ici 2100 un individu sur trois sera africain. Les jeunes Africains titulaires d’un diplôme en sciences, technologies, mathématiques et ingénierie ne représentent encore que 2 % de la population totale d’âge universitaire du continent. (« The Future of Jobs and Skills in Africa. Preparing the Region for the Fourth Industrial Revolution », mai 2017, le World Economic Forum).  Certainement l’une des raisons pour laquelle, en 2017, IBM lançait le programme « Digital – Nation Africa » : un programme éducatif et de développement de compétences qui fait partie de son initiative globale « New Collar Jobs », pour aider au développement d’une économie du savoir en Afrique. 70 millions de dollars ont été investis pour étoffer les compétences digitales de 25 millions d’utilisateurs en Afrique grâce à une plateforme d’intelligence artificielle gratuite.

L’intelligence artificielle clé de voute de l’égalité femmes-hommes

Nous savons à quel point l’IA peut s’avérer dangereuse si elle se construit sur les bases des problématiques sociétales que l’on connaît : anomalies sur des programmes de reconnaissance faciale, intégration et renforcement de préjugés racistes et machistes. L’IA est le reflet de celles et ceux qui la créent et nous avons tout un monde à réinventer ! C’est en se plaçant parmi les meilleurs architectes de l’IA que les femmes construiront une innovation plus équitable et juste.

La clé de ce développement réside dans l’anticipation de l’impact sur les métiers d’aujourd’hui et l’émergence de ceux de demain. On comprend bien à quel point il est crucial de viser un équilibre entre les femmes et les hommes dans le numérique : cette parité assurera une construction non biaisée des technologies que nous utiliserons.

Depuis 7 ans, avec La Journée de la Femme Digitale, nous sommes persuadés que chacun a le pouvoir de changer le monde. Et parce qu’Internet n’a pas de frontière, nous souhaitons bâtir des ponts entre les continents en célébrant l’innovation au féminin en Europe et en Afrique. En lançant la Journée de la Femme Digitale sur le premier continent de l’entrepreneuriat féminin nous avons l’ambition de créer une communauté forte de femmes qui osent, innovent, entreprennent grâce au digital et qui susciteront des vocations chez d’autres femmes.

L’heure est donc à l’unité face à cet objectif qui dépasse les frontières. Ensemble, nous pourrons adresser efficacement les grands enjeux de demain.


Crédits Photos : © Aurore Vinot – © François Tancré.