Pendant que vous faites des efforts pour être référencé sur Google, d’autres, au contraire, s’efforcent d’éviter les robots d’indexation des moteurs de recherche… Aujourd’hui on parle du dark web, cet espace opaque, méconnu du Web et qui alimente tous les fantasmes.


Une bonne partie du Web échappe au référencement.

Cette partie, c’est le Dark Web, qu’on appelle aussi Dark Net, Web invisible ou Onionland. C’est la partie du Web (certains disent qu’il représenterait plus de 80% de l’ensemble du Web) hors de portée des moteurs de recherche ordinaires (Google, Yahoo, Bing).

Pourquoi ?

Certains sites ne sont pas indexés simplement parce qu’ils datent ou sont à l’abandon. Ce n’est pas le cas des sites du Dark Web qui échappent à la détection : ces sites Web sont délibérément invisibles et utilisent diverses techniques pour rester indétectables aux yeux de Google et des autres moteurs de recherche. C’est juste l’inverse du référencement naturel.

Onionland

Il est pourtant possible de les trouver, notamment via des logiciels, des configurations ou des navigateurs spécifiques (Freenet, I2P, le plus connu étant Tor, The Onion Router), mais c’est difficile : il faut en quelque sorte y avoir été invité et connaître l’accès exact des contenus auxquels on veut accéder.

Mais une fois de l’autre côté, on fait d’étonnantes découvertes.

Avec Tor, vous pourrez ainsi accéder en tout anonymat aux URL en .onion ainsi qu’au Hidden Wiki, qui recense des URL non indexées sur les moteurs de recherche classique.

Réseau Underground

Tous ces liens ne sont pas légaux : le Web invisible est le refuge des individus et organisations qui souhaitent agir dans l’ombre. Il s’est développé depuis le milieu des années 2000, alors censé permettre aux internautes de faire des recherches, d’acheter, de communiquer de façon cachée et totalement anonyme.

Le Dark Web a prospéré grâce au bitcon, la crypto-monnaie qui permet à deux parties d’effectuer une transaction de confiance sans se connaître mutuellement. Presque tous les sites e-commerce du Dark Web effectuent des transactions en bitcoin ou dans une variante de crypto-monnaie (Monero, Litecoin).

Dark Web, Nid de Pervers et de Terroristes ?

Comme vous pouvez l’imaginer, le Dark Web héberge toutes sortes d’activités illégales, du spamming au vol d’identité, du trafic d’armes au trafic de drogues ou d’images pédophiles, du vol de cartes bancaires aux forums de terrorisme.

Google ne peut pas indexer cette partie du Web (et ce n’est d’ailleurs pas sa mission) mais les organismes publics et de cyber-renseignement s’en chargent, ou du moins essaient.

Et pourtant, le Dark Net n’est pas forcément une mauvaise chose.

Attention aux Amalgames

On considère souvent exclusivement le Dark Net comme un repaire de pervers et de criminels.

Le Dark Net permet pourtant aussi aux dissidents syriens de communiquer ou aux homosexuels de s’organiser ou de communiquer dans les pays africains ou arabes les plus rétrogrades.

On peut aussi y accéder à des réseaux sociaux, des sites ou des chaînes de télévision censurés dans certains pays comme la Chine ou l’Iran : Facebook est ainsi présent sur le Dark Net, de même que la BBC qui a lancé l’URL bbcnewsv2vjtpsuy.onion qui ne fonctionnera pas dans un navigateur normal.

De plus en plus d’éditeurs Web légitimes commencent donc à avoir des présences sur le Dark Net, car beaucoup de personnes l’utilisent dans des pays où il y a des écoutes et où l’accès à Internet est criminalisé. De nombreux médias grand public surveillent aussi les sites du Dark Net à la recherche d’informations. Le Dark Web n’est donc que le reflet de la société : bien souvent, dans ses dérives, ce n’est pas l’outil qui est en cause mais son usage.

Accéder au Réseau Caché : Attention aux Risques !

Il n’est pas illégal de se rendre sur le Dark Net, mais il faut être conscient que certains pays fichent systématiquement les utilisateurs de Tor. Alors, ne prenez pas de risque inconsidéré par pure curiosité.