Selon les DSI, qu’est-ce que la transformation numérique ?

La transformation numérique, que certains traduisent maladroitement par tranformation digitale, est l’intégration de la technologie numérique dans tous les domaines d’une entreprise, ce qui change fondamentalement la façon dont vous opérez et offrez de la valeur aux clients. Il s’agit également d’un changement culturel qui exige des organisations qu’elles remettent continuellement en question le statu quo, qu’elles expérimentent et qu’elles soient à l’aise avec l’échec. Cet article a été rédigé sous l’angle de l’analyse et de la lecture que font les DSI et les responsables informatiques au sujet de la transformation numérique. L’occasion de découvrir un point de vue différent ou complémentaire.


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La transformation numérique est impérative pour toutes les entreprises, de la petite à la grande entreprise. Ce message ressort clairement de tous les discours, tables rondes, articles ou études sur la manière dont les entreprises peuvent rester compétitives et pertinentes dans un monde de plus en plus numérique.

Ce qui n’est pas clair pour de nombreux chefs d’entreprise, c’est ce que signifie la transformation numérique. S’agit-il simplement d’une façon accrocheuse de dire passer au Cloud ? Quelles sont les mesures spécifiques que nous devons prendre ? Devons-nous concevoir de nouveaux emplois pour nous aider à créer un cadre pour la transformation numérique, ou faire appel à un service de conseil ? Quels éléments de notre stratégie commerciale doivent être modifiés ? Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

Petite remarque en passant 🙂 Certains dirigeants estiment que le terme même de transformation numérique est devenu si largement utilisé, si vaste, qu’il est devenu inutile et galvaudé. Vous pouvez ne pas aimer ce terme. Mais qu’on l’aime ou non, les problématiques, les enjeux et les concepts qui se cachent derrière ce terme, comme repenser les anciens modèles opérationnels, expérimenter davantage ou encore devenir plus agile dans sa capacité à répondre aux clients et aux rivaux, ne vont pas disparaître.

Cet article a pour objectif de répondre à certaines des questions les plus courantes sur la transformation numérique et d’apporter des éclaircissements, en particulier aux DSI et aux responsables informatiques, y compris en tenant compte des enseignements tirés de leurs pairs et des experts en transformation numérique. Parce que la technologie joue un rôle essentiel dans la capacité d’une organisation à évoluer avec le marché et à accroître continuellement la valeur pour les clients, les DSI jouent un rôle clé dans la transformation numérique, tout autant que le management et les autres départements d’une entreprise.

Il convient également de noter que les organisations d’aujourd’hui se trouvent à différents endroits sur la voie de la transformation numérique. Si vous vous sentez bloqué dans votre travail de transformation numérique, vous n’êtes pas seul. L’une des questions les plus difficiles en matière de transformation numérique est de savoir comment surmonter les obstacles initiaux entre la vision et l’exécution. Cela crée de l’angoisse ! En effet, de nombreux DSI et organisations pensent qu’ils sont loin derrière leurs pairs en matière de transformation, alors que ce n’est pas le cas.

Ces dernières années, la pandémie de Covid-19 a rendu plus urgente la réalisation des objectifs de transformation numérique et a forcé de nombreuses organisations à accélérer le travail de transformation. Pourtant, les responsables informatiques continuent de se débattre avec des défis tels que la budgétisation, les luttes de talents et le changement de culture. Nous allons donc découvrir les conseils de DSI et des experts en transformation numérique.

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Qu’est-ce que la transformation numérique ?

La transformation numérique étant différente d’une entreprise à l’autre, il peut être difficile de trouver une définition qui s’applique à toutes. Toutefois, d’une manière générale, les experts s’accordent à définir la transformation numérique comme l’intégration de la technologie numérique dans tous les domaines d’une entreprise, ce qui entraîne des changements fondamentaux dans le mode de fonctionnement des entreprises et dans la manière dont elles apportent de la valeur aux clients.

Au-delà, il s’agit d’un changement culturel qui exige des organisations qu’elles remettent continuellement en question le statu quo, qu’elles expérimentent souvent et qu’elles soient à l’aise avec l’échec.

Cela signifie parfois qu’il faut abandonner des processus commerciaux de longue date sur lesquels les entreprises se sont construites, au profit de pratiques relativement nouvelles ou qui sont encore en cours de définition.

La transformation numérique doit commencer par l’énoncé d’un problème, une opportunité claire ou un objectif ambitieux, a récemment expliqué Jay Ferro, directeur des technologies de l’information de Clario. « Le ‘pourquoi’ de la transformation numérique de votre organisation peut porter sur l’amélioration de l’expérience client, la réduction des frictions, l’augmentation de la productivité ou l’accroissement de la rentabilité, par exemple », note Jay Ferro.

« Ou, s’il s’agit d’une déclaration d’intention, elle peut consister à devenir la meilleure entreprise avec laquelle faire des affaires, en utilisant des technologies numériques habilitantes qui n’étaient pas disponibles il y a quelques années », continue d’expliquer Jay Ferro.

Les dirigeants se doivent donc de réfléchir à ce que la transformation numérique signifiera en pratique pour leur entreprise et à la manière dont ils vontl’articuler. « Le numérique est un mot chargé qui signifie beaucoup de choses pour beaucoup de gens », déclare à ce propos Jim Swanson, DSI de Johnson & Johnson. Lorsque vous discutez de la transformation numérique, déballez ce qu’elle signifie, conseille Jim Swanson, qui a dirigé la transformation numérique chez Bayer Crop Science, et a précédemment occupé le poste de DSI chez Monsanto, avant de rejoindre Johnson & Johnson début 2020.

Chez Monsanto, Jim Swanson a abordé la transformation numérique en termes de centricité du client. « Nous parlons de l’automatisation des opérations, des personnes et des nouveaux modèles commerciaux », explique-t-il. Et de poursuivre : « Enveloppés dans ces sujets, il y a l’analyse des données, les technologies et les logiciels, qui sont tous des facilitateurs, et non pas des moteurs. »

« Au centre de tout cela, il y a le leadership et la culture », ajoute Jim Swanson. « Vous pouvez avoir toutes ces choses comme la vision du client, les produits et services, les données et les technologies vraiment cool. Mais si le leadership et la culture ne sont pas au cœur, cela échoue. Il est essentiel de comprendre ce que le numérique signifie pour votre entreprise et ce, que vous soyez une institution financière, agricole, pharmaceutique ou de vente au détail. »

Melissa Swift, responsable de la transformation numérique aux États-Unis chez Mercer, partage l’avis de Jim Swanson selon lequel le mot « numérique » pose problème car il signifie beaucoup de choses pour beaucoup de gens. En effet, si vous dites « numérique » à une personne, elle pense à la dématérialisation, à l’analyse des données et à l’intelligence artificielle, à des équipes agiles et à des bureaux à aire ouverte, note-t-elle.

Le mot « numérique » est devenu un mot à la mode. Et cela cause beaucoup de problématiques dans les organisations. « Imaginez que vous commandez un hamburger à plusieurs reprises et que vous obtenez tout, du hot dog au sandwich au poulet en passant par la salade César… » explique Melissa Swift.

Les dirigeants doivent être par conséquent pleinement conscients de cette réalité lorsqu’ils encadrent les conversations autour de la transformation numérique. Pour obtenir les conseils de Melissa Swift sur la manière d’aborder ce sujet sans se brûler, lisez cet article intitulé : « Pourquoi les gens aiment détester la transformation numérique« .

Pourquoi la transformation numérique est-elle importante ?

Une entreprise peut entreprendre une transformation numérique pour plusieurs raisons. Mais la raison la plus probable, et de loin, est qu’elle y est obligée. C’est une question de survie ! Dans le sillage de la pandémie, la capacité d’une entreprise à s’adapter rapidement aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, aux pressions du marché et à l’évolution rapide des attentes des clients est devenue essentielle.

Lors d’un événement de la série MIT Sloan CIO Symposium, les responsables informatiques se sont accordés à dire que le comportement des consommateurs a rapidement évolué à bien des égards depuis le début de la pandémie. Sandy Pentland, professeur au MIT Media Lab, a décrit comment des systèmes automatisés optimisés dans des domaines tels que la gestion de la chaîne d’approvisionnement se sont effondrés lorsqu’ils ont été confrontés à des changements rapides de la demande et de l’offre. Une réalité à laquelle presque tout le monde a été confronté à un niveau personnel pendant la pandémie.

Il est trop tôt pour deviner quels changements de comportement des consommateurs se maintiendront à long terme. Cependant, Rodney Zemmel, responsable mondial de McKinsey Digital de McKinsey & Company, affirme que du côté des consommateurs que : « le numérique s’est accéléré dans presque toutes les catégories ». Un facteur important à surveiller sera la mesure dans laquelle les changements forcés. Par exemple, trois Américains sur quatre ont essayé un nouveau comportement d’achat et reviendront en arrière lorsque cela sera possible.

Par ailleurs, les données de McKinsey montrent que l’évolution accélérée vers le streaming et le fitness en ligne est susceptible de rester permanente, selon Rodney Zemmel. Mais les changements les plus importants concernent l’alimentation. La cuisine à domicile et l’épicerie en ligne, une catégorie qui a généralement résisté à l’évolution en ligne, resteront probablement plus populaires auprès des consommateurs que par le passé. Les transactions sans espèces gagnent également du terrain. Du côté du B2B, les données de McKinsey montrent que la vente à distance fonctionne. Pour les DSI, cela signifie que l’expérimentation rapide n’est plus facultative.

Mark Anderson, directeur principal de l’architecture des solutions chez Equinix, a décrit la première année de la pandémie comme étant : « un test forcé de nombreuses choses auxquelles nous avions pensé sans les essayer ». Par exemple, il a notamment observé que : « de nombreuses chaînes d’approvisionnement ne sont pas bien comprises et reposent sur du papier. Nous avons commencé à examiner des technologies comme la Blockchain et l’IoT« .

Comme l’écrit Dion Hinchcliffe, vice-président et analyste principal chez Constellation Research, « les responsables informatiques des organisations en évolution rapide doivent suivre le rythme du changement, se laisser distancer ou prendre la tête du peloton. C’est l’enjeu existentiel de l’époque numérique actuelle, où les actions audacieuses doivent être soutenues activement par des expérimentations et des orientations originales. Cela doit se faire tout en gérant l’inexorable battement de tambour quotidien des problèmes opérationnels, la prestation de services et les caprices distrayants de l’imprévisible, comme une cyberattaque majeure ou une violation de l’information ».

L’amélioration de l’expérience client est donc devenue un objectif primordial, et donc un élément crucial de la transformation numérique. Dion Hinchcliffe qualifie l’expérience client sans faille de : « facteur discriminant le plus important pour la performance d’une entreprise ».

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Comment la pandémie de Covid-19 a-t-elle changé la transformation numérique ?

« Nous avons vu la crise du Covid-19 remodeler rapidement à la fois le ‘quoi’ et le ‘comment’ des programmes de transformation numérique des entreprises, note Melissa Swift de l’entreprise Mercer. Prenez l’expérience des employés par exemple, suggère-t-elle : « Même si l’expérience des employés est devenue un thème clé dans la communauté des RH, dans les cercles informatiques, cette notion a reçu un accueil mitigé. Elle est parfois stéréotypée comme des employés gâtés qui s’attendent à une technologie de qualité grand public avec des budgets réduits ».

Aujourd’hui, avec une grande partie de la main-d’œuvre à distance, l’expérience des employés en matière de technologie numérique est passée de « Nice to have » à la seule façon de travailler. Par conséquent, elle reçoit l’attention, qu’elle mérite depuis longtemps, pour résoudre les problèmes.

Melissa Swift cite d’autres domaines d’efforts de transformation numérique que la pandémie de Covid-19 a mis en avant dans les agendas des DSI :

  • L’amélioration de la portée du support client via des outils tels que les chatbots.
  • Les outils d’automatisation pour des raisons de résilience.
  • Le nettoyage radical des systèmes redondants ou conflictuels.

En réponse à la pandémie, les DSI ont également adopté la notion selon laquelle le parfait est l’ennemi du bien, ajoute Melissa Swift. « Rien ne fait taire le perfectionniste intérieur d’un individu, ou d’une organisation, comme une crise à part entière », explique-t-elle. En effet, face à ces bouleversements spectaculaires, de nombreuses organisations ont renégocié sainement leur relation avec la technologie numérique, en donnant la priorité à la notion de : ça marche ! Plutôt que de chercher la solution parfaite pendant des années.

Le logiciel fonctionnel dont le « Manifeste Agile » s’est fait l’écho est en train de connaître un véritable moment de gloire. Nous vous invitons à lire l’article « Transformation numérique : 5 façons dont COVID-19 impose des changements positifs« , dans lequel Melissa Swift détaille sont point de vue.

À quoi ressemble un cadre de transformation numérique ?

Bien que la transformation numérique varie considérablement en fonction des défis et des demandes spécifiques de l’organisation, il existe quelques constantes et thèmes communs parmi les études de cas existantes et les cadres (Frameworks) publiés que tous les dirigeants d’entreprise et de technologie devraient prendre en compte lorsqu’ils se lancent dans la transformation numérique.

Par exemple, ces éléments de transformation numérique sont souvent cités :

  • L’expérience client : User experience.
  • L’agilité opérationnelle : Operational agility.
  • La culture et le leadership : Culture and leadership.
  • L’activation de la main-d’œuvre : Workforce enablement.
  • L’intégration des technologies numériques : Digital technology integration.

Bien que chaque guide ait ses propres recommandations et des étapes ou considérations différentes, les DSI devraient rechercher ces thèmes communs importants lors du développement de leur propre stratégie de transformation numérique. Voici quelques exemples de cadres de transformation numérique :

Quel rôle la culture joue-t-elle dans la transformation numérique ?

Ces dernières années, le rôle de l’informatique a fondamentalement changé. Les PDG souhaitent de plus en plus que leurs DSI contribuent à générer des revenus pour l’organisation. Plutôt que de se concentrer sur la réduction des coûts, l’informatique est devenue le principal moteur de l’innovation commerciale. Pour prendre en compte cette évolution, il faut que tous les membres de l’entreprise repensent le rôle et l’impact de l’informatique dans leur vie quotidienne.

Bryson Koehler, directeur technique d’Equifax, a déclaré à ce sujet que : « L’état d’esprit est très différent lorsque vous sortez l’informatique du mode de fonctionnement suivant : ‘Exploitons un ensemble de solutions packagées que nous avons achetées et mises en place’ pour le remplacer par ‘Construisons et créons de nouvelles capacités qui n’existaient pas auparavant’. Si vous observez la grande majorité des startups, vous verrez qu’elles ne démarrent pas avec des progiciels géants et compacts comme base de leur entreprise ».

Bryson Koehler poursuit : « Si vous essayez de créer de l’innovation au sein d’une grande entreprise, vous ne devriez pas non plus commencer avec cela. Vous n’êtes plus là pour faire fonctionner l’ordinateur central. Vous n’êtes pas là pour faire fonctionner les serveurs. Vous n’êtes pas là pour gérer le centre de données, ou le réseau, ou les opérations. Ce sont l’offre minimale nécessaire pour être considéré comme un acteur du marché. Et c’est ce que vous pouvez externaliser ».

Même si l’informatique jouera un rôle important dans la conduite de la stratégie de transformation numérique, le travail de mise en œuvre et d’adaptation aux changements massifs qui accompagnent la transformation numérique incombe à tout le monde. C’est pourquoi la transformation numérique est une question de personnes.

Les responsables informatiques se retrouvent plus que jamais à travailler au sein d’équipes interfonctionnelles. Les initiatives de transformation numérique remodèlent souvent les groupes de travail, les titres de poste et les processus opérationnels de longue date. Lorsque les gens craignent que leur valeur, voire leur emploi, soit menacée, les responsables informatiques ressentent une réaction négative. C’est pourquoi les « soft skills » du leadership, qui s’avèrent être plutôt difficiles, sont très demandés.

Selon Sven Gerjets, vice-président exécutif et directeur technique de Mattel, la transformation commence par l’empathie. « Lorsque votre empathie est authentique, vous commencez à établir la confiance », explique-t-il.

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Conduite du changement et parcours numérique

« Si l’organisation ne soutient pas les efforts de transformation et n’y adhère pas pleinement, il est impossible de réussir. Vous devez avoir des dirigeants qui savent à quoi ressemble le ‘bien’ et qui sont motivés pour aider l’organisation à comprendre pourquoi vous faites ce que vous faites », poursuit Sven Gerjets. Cela deviendra apparent lorsque vous entendrez des choses telles que : « Hé, nous travaillons avec votre équipe et cela semble différent », ou « Nous n’arrivons pas à croire que l’informatique a livré ce projet en avance et qu’il a répondu à mes besoins commerciaux ».

Melissa Swift, de l’entreprise Mercer, qui dirige les efforts de l’entreprise dans le domaine de la transformation de la main-d’œuvre, constate dans son travail de consultante que trois groupes d’employés ont tendance à ralentir la dynamique de transformation : Les vieux de la vieille, ceux qui suivent les règles et les loups solitaires. Les entreprises ne doivent pas ignorer mais impliquer ces trois groupes, sous peine d’être confrontées à des blocages périlleux, écrit-elle. Comment s’y prendre ? Sa première suggestion : Pensez à votre population de manière segmentée, et efforcez-vous de rencontrer les différents segments là où ils se trouvent.

« De nombreuses organisations ont déployé le parcours numérique de manière très uniforme, avec les mêmes messages et techniques déployés partout : Remise à niveau pour tout le monde ! Nouvelles équipes ! Bienvenue dans le nouveau monde ! », commente Melissa Swift. Toujours selon elle, et du point de vue de la gestion du changement, c’est de la pure folie. C’est aussi une mauvaise utilisation des dollars d’investissement qui pourraient être dépensés de manière plus stratégique en ciblant des groupes plus restreints.

Les entreprises doivent donc tenir compte à la fois de l’expérience numérique et des préférences comportementales des différentes sous-populations au sein de leur organisation. Elles doivent par conséquent élaborer des messages, des programmes et même des environnements pour atteindre le bon point de départ et un point final réaliste pour les différents groupes.

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Technologie et innovation : Quels sont les moteurs de la transformation numérique ?

Un élément important de la transformation numérique est, bien sûr, la technologie. Mais souvent, il s’agit davantage de se débarrasser de processus obsolètes et de technologies anciennes que d’adopter de nouvelles technologies. Il s’agit également de favoriser l’innovation.

Dans le domaine de l’informatique gouvernementale, par exemple, un plus grand nombre d’agences gouvernementales américaines sont sur le point de réaliser le plein potentiel du modèle de Cloud Computing et ce, au-delà de la réduction des coûts. Il s’agit d’utiliser le Cloud Computing pour obtenir un avantage stratégique, commente Dave Egts, technologue en chef, Secteur public Amérique du Nord, Red Hat.

« Deloitte a récemment publié une liste de neuf tendances technologiques qui transforment le gouvernement, et l’une d’entre elles, en particulier, sera essentielle pour permettre l’avenir de la technologie dans le gouvernement : Le cloud en tant que moteur d’innovation », poursuit Dave Egts.

La prédominance des technologies traditionnelles (Legacy Technology) dans l’informatique d’entreprise empêche toujours les DSI de s’engager avec succès dans une stratégie de transformation numérique.

Technologie et innovation : Le poids de l’héritage

Comme l’explique Beth Devin, directrice générale et responsable du réseau d’innovation et des technologies émergentes chez Citi Ventures, les technologies traditionnelles peuvent devenir un obstacle coûteux à la transformation. « Si vous consacrez 70 à 80% de votre budget informatique à l’exploitation et à la maintenance des systèmes existants, il ne reste plus grand-chose pour saisir de nouvelles opportunités et faire progresser l’entreprise. Et ces dépenses vont augmenter au fur et à mesure que la technologie vieillit et devient plus sensible », note Beth Devin.

De plus, les nouvelles technologies sont construites à l’aide d’architectures et d’approches en Cloud, souligne Beth Devin. « Quelle est la valeur à long terme de l’exploitation de la meilleure nouvelle technologie pour votre entreprise et vos clients ? », s’interroge-t-elle. Selon une enquête de Deloitte, la pertinence technologique est un facteur essentiel qui pousse à la mise à niveau des solutions traditionnelles.

Les solutions traditionnelles manquent de flexibilité et ont une dette technologique (Technology Debt) importante en raison de langages, de bases de données et d’architectures obsolètes, indique l’étude de Deloitte. « Ce passif empêche de nombreuses organisations de progresser et de prendre en charge l’analytique, les transactions en temps réel et une expérience numérique », commente Beth Devin dans son article : Transformation numérique : 9 facteurs de retour sur investissement lors de la mise à niveau des systèmes existants.

Si les entreprises veulent évoluer au rythme rapide des changements numériques d’aujourd’hui, elles doivent s’efforcer d’accroître l’efficacité avec la technologie partout où cela est possible. Pour beaucoup, cela signifie adopter des principes agiles dans toute l’entreprise. Les technologies d’automatisation aident également de nombreuses organisations informatiques à gagner en rapidité et à réduire la dette technique.

Quelles sont les principales tendances de la transformation numérique en 2022 ?

Comme l’a rapporté Stephanie Overby d’Enterprisers, la transformation numérique a revêtu une nouvelle urgence pendant la pandémie. Certains DSI et organisations informatiques ont atteint une vitesse de changement jusqu’alors inimaginable. Aujourd’hui, les PDG considèrent la transformation numérique comme la clé de leur réussite future. « À mesure que les organisations ont surmonté les bouleversements provoqués par la pandémie, la numérisation est devenue partie intégrante de leurs réponses et de leurs plans futurs », relève justement Stephanie Overby.

E.G. Nadhan, architecte en chef, Red Hat, note quant à lui que : « Même les entreprises qui se sont lancées dans des projets de transformation pluriannuels ont dû procéder à des ajustements en cours de route, comme il se doit. Le mot clé qui définit l’objectif de la transformation numérique en 2022 est la résilience. La pandémie a appris aux entreprises à se préparer à des changements sismiques dans la dynamique du marché et les besoins des consommateurs. Les entreprises avant-gardistes se concentreront sur la capacité à pivoter efficacement et à faire face au changement avec un impact minimal ou nul sur les consommateurs internes et externes ».

En effet, « L’accent sera davantage mis sur l’expérimentation avec des paramètres configurables pour prédire le comportement de l’entreprise à l’aide d’environnements simulés. Et cette expérimentation permettra de mieux comprendre les configurations optimales qui sont les plus résilientes », ajoute E.G. Nadhan.

Voici les huit tendances clés de la transformation numérique que les chefs d’entreprise et les responsables informatiques devraient connaître et prendre en considération en 2022 :

  • Mettre l’accent sur la résilience et la durabilité.
  • Mettre l’accent sur l’utilisation du Cloud pour favoriser l’innovation.
  • L’automatisation des processus d’entreprise alimentée par l’IA.
  • L’acceptation continue du travail à distance.
  • Une attention accrue à la gestion des données tout au long de leur cycle de vie.
  • La sécurité est un impératif commercial et non une réflexion après coup.
  • La priorité à l’éthique et à la gouvernance de l’IA.
  • L’utilisation accrue des technologies de Machine Learning qui arrivent à maturité.

Vous trouverez plus de détails dans cet excellent article de Stephanie Overby : Digital Transformation – 5 future and 3 fading trends for 2022.

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Comment mesurer le retour sur investissement de la transformation numérique ?

Pour prouver le succès des efforts de transformation numérique, les dirigeants doivent quantifier le retour sur investissement (ROI). C’est plus facile à dire qu’à faire avec des projets qui dépassent les frontières fonctionnelles et commerciales, changent la façon dont une entreprise se rend sur le marché et remodèlent souvent fondamentalement les interactions avec les clients et les employés.

Un projet tel que la refonte d’une application mobile peut être rentable à court terme, mais d’autres projets visent une valeur commerciale à plus long terme. De plus, comme nous l’avons signalé précedemment, les efforts de transformation numérique sont continus et évoluent, ce qui peut rendre moins efficaces les calculs traditionnels de la valeur commerciale et les approches de gouvernance financière.

Pourtant, la quantification du succès est cruciale pour la poursuite des investissements. « Le simple fait de mettre en œuvre la technologie ne suffit pas. La technologie doit être spécifiquement liée au suivi des indicateurs de performance clés sur les connaissances des clients et l’efficacité des processus d’entreprise », explique Brian Caplan, directeur du cabinet de conseil en gestion Pace Harmon.

Tout d’abord, demandez-vous si vous prenez suffisamment de risques. En effet, Cecilia Edwards, partenaire du cabinet de conseil et de recherche en transformation numérique Everest Group explique que : « Pour déterminer la performance des investissements dans la transformation numérique, il est préférable d’avoir une vue d’ensemble du portefeuille plutôt qu’une vue au niveau du projet ».

Tout comme un gestionnaire de fonds communs de placement ou une société de capital-risque examinerait les performances globales pour déterminer si les choses vont bien, les responsables de la transformation numérique doivent adopter une vision globale des efforts de changement numérique. C’est particulièrement important pour que la sous-performance d’un projet particulier ne se reflète pas négativement sur les efforts globaux de l’informatique. Cela permet également de renforcer la tolérance aux risques nécessaires qui doivent être pris pour réaliser une véritable transformation numérique.

Ensuite, considérez les meilleures pratiques concernant les mesures de la transformation numérique :

  • Définir les paramètres initiaux à l’avance.
  • Développez des micro-métriques pour des expériences agiles : L’objectif est d’apprendre et de s’adapter.
  • Intégrer les résultats commerciaux : Examinez l’impact stratégique (par exemple, la croissance du chiffre d’affaires, la Lifetime Customer Value, le délai de mise sur le marché ou Time to Market), l’impact opérationnel (par exemple, les améliorations de la productivité, l’échelle, les efficacités opérationnelles) et l’impact des coûts.

Transformation numérique, technologie et innovation : Suis-je en retard ?

Si tout cela vous donne l’impression d’être terriblement en retard, n’ayez crainte ! L’une des plus grandes idées fausses que les DSI ont sur la transformation numérique est que tous leurs concurrents sont bien plus en avance qu’eux.

Cela s’explique par le fait que « les transformateurs les plus rapides font l’objet d’une grande admiration, et d’une presse populaire, mais qu’il y a peu de critiques sur la difficulté de la transformation ou sur le temps qu’elle peut prendre pour une entreprise typique du Global 2.000 », explique Tim Yeaton, ancien CMO de Red Hat.

À mesure que les entreprises formulent leurs propres stratégies de transformation numérique, elles ont beaucoup à apprendre de leurs homologues de l’informatique. Le travail de transformation numérique, réalisé avec succès, produira une entreprise plus alignée sur les demandes des clients et résiliente dans un avenir numérique en évolution rapide.

E-Books : Quelques ressources utiles pour aller plus loin

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