Avec son design épuré et minimaliste pour les uns, sommaire et avec peu de fonctionnalités pour d’autres, Ello est un réseau social se présentant comme une alternative à Facebook. Selon ses concepteurs, il a été pensé anti-publicité et anti-annonceurs. La messe est dite : protéger au maximum vos données personnelles et l’utilisateur n’est pas un produit à vendre ! Le site, qui est encore en phase de test, promet l’anonymat. Lancé en avril 2014, les inscriptions sur Ello sont pour le moment sur invitations uniquement, en les demandant directement sur la page d’accueil du site ou en bénéficiant de l’une des 25 invitations distribuées à chaque membre.

Ces derniers jours, le site connaît une vague impressionnante de demandes d’inscription. Pas moins de 35.000 internautes tenteraient ainsi de s’inscrire sur Ello toutes les heures, selon le blog du Nouvel Observateur. Un chiffre impossible à vérifier vu qu’aucune donnée officielle n’a filtré pour le moment.

Protection des données et pas de publicité

Dans un manifeste publié sur Ello, on peut lire : “Votre réseau social appartient aux publicitaires. Chaque message que vous partagez, chaque ami que vous vous y faites, chaque lien sur lequel vous cliquez est surveillé, enregistré et converti en données. Les publicitaires achètent vos données pour qu’ils puissent vous montrer davantage de publicités. Vous êtes le produit que l’on vend et achète. Nous pensons qu’il existe une meilleure voie (…)”.

Ello admet néanmoins collecter certaines données : la langue de l’utilisateur, sa géolocalisation, le temps passé sur Ello… dans le seul but d’améliorer le site. Le réseau concède également avoir décidé, après un “long débat interne”, d’utiliser Google Analytics. Lors de l’inscription, il est toutefois possible d’empêcher ce suivi.

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L’anonymat comme cheval de bataille

Le point fort d’Ello, de l’avis de certains observateurs, c’est que tout utilisateur peut rester relativement anonyme. Pour s’inscrire, il suffit de donner une adresse e-mail et de choisir un pseudo, que l’on pourra changer à tout moment. Pour rappel, Facebook s’est lancé depuis longtemps à la chasse des pseudos et il est théoriquement plus possible d’y utiliser de faux noms ou pseudos. De là à croire que le nouveau réseau social Ello va dépasser un jour Facebook… cela reste à notre humble avis un vœu pieux, même si le déclin de Facebook est régulièrement prédit. Le réseau social numéro 1 compte toujours 1,3 milliard d’abonnés. D’autant plus que les ambitions de Paul Budnitz, le créateur de Ello, sont d’ailleurs modestes. Il a expliqué au blog du Monde que son premier objectif est de rassembler 100.000 utilisateurs.

Quelle viabilité et quel business modèle à terme ?

En l’absence de publicité et de la marchandisation des inscrits, Ello pourrait avoir des difficultés à être viable financièrement, nous sommes en droit de se poser la question de la viabilité économique du site à terme. Ello est avant tout une entreprise. Cette dernière a  levé au mois de mars dernier 435.000,00 dollars auprès de la société de capital-risque américaine FreshTracks Capital, qui n’est connue pour être un business angel ou un féru de campagnes Kickstarter. L’investisseur ne se contentera certainement pas de donner de l’argent et attendra un retour sur investissement.

Ello explique vouloir gagner de l’argent en offrant des services premium. Ce business model pourrait suffire à conserver un site sans publicités. Mais comme le rappelle à juste titre Motherboard, “Facebook, Twitter et Tumblr ont eux aussi tous commencé sans publicité, mais cette politique a changé à mesure que les entreprises ont grandi”.