La facilitation graphique et la pensée visuelle sont trop peu sous la lumière des projecteurs. Pourtant, elles gagneraient à être plus connues, d’autant plus que la tendance est au short / snacking content. Nous avons interrogé à ce sujet, Hélène Pouille, qui pratique depuis 6 années le métier de facilitatrice graphique.

Issue d’une formation d’ingénieure en management de l’innovation, et basée à Nantes, Hélène Pouille vadrouille régulièrement dans l’Ouest de la France et à Paris pour griffonner les idées et raconter les histoires, à travers ses dessins. Elle nous répond, à la fois à travers ses mots et ses croquis, pour notre plus grand plaisir. Entretien.

— La facilitation graphique : Qu’est-ce que c’est ? Et à quoi ça sert ?

La facilitation graphique, c’est la mise en images (la partie “graphique”) d’informations et d’interactions au service de leur compréhension (la partie “facilitation”), le tout en temps réel (ou presque !). 

Cette pratique comporte un grand nombre de bénéfices dont ceux d’apporter une vision globale sur un sujet, d’en faciliter sa compréhension et ainsi de pouvoir impliquer et d’engager de manière pérenne. 

Pour plus de détails sur le sujet, je vous invite à consulter cet article sur mon blog. 

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La facilitation graphique est une discipline en “temps réel” appartenant au vaste courant de la pensée visuelle.

— Quand faut-il y avoir recours ?

Les domaines d’applications sont nombreux (et presque illimités !) tant au niveau personnel que professionnel.  

La facilitation graphique peut par exemple trouver sa place dans des séminaires, conférences ou tables rondes pour des formats d’événements dits “descendants” mais aussi sur tout type d’atelier ou world café pour des formats plus participatifs. 

J’ai répertorié différentes utilisations dans cet article sur mon blog. 

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— Comment se prépare une prestation de facilitation graphique ?

La facilitation graphique peut se préparer sur plusieurs volets. Dans un premier temps, il est important de réfléchir à la fois sur le format (papier ou numérique) et sur le mode d’interaction que ce soit pendant la production du visuel ou à la fin de sa réalisation.

Il s’agit dans un second temps de s’adapter à l’univers propre de l’événement concerné. Qu’il s’agisse du vocabulaire qui y est associé ou de l’univers visuel qui en découle, l’idée est de créer un visuel sur mesure. J’ai développé plus longuement cette question dans cet article sur mon blog. 

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— Quelles sont les difficultés de réalisation ? Quels atouts faut-il avoir ?

La pratique de la facilitation graphique passe par trois grandes étapes : la collecte d’informations, leur structuration et enfin leur mise en image. La partie collecte d’informations suppose une bonne qualité d’écoute.

La structuration des informations collectées demande un bon esprit de synthèse. Et finalement la mise en image requiert une sensibilité visuelle et des compétences graphiques. 

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— Comment êtes-vous tombée dans ce métier si particulier ?

J’ai pratiqué cette discipline au départ en ignorant que c’en était une. Il s’agissait tout d’abord d’une façon personnelle pour mémoriser mes cours, pas toujours si compréhensibles, en école d’ingénieur.

D’une pratique personnelle de prise de notes visuelles, cela a évolué en ce qui est devenu aujourd’hui mon métier. J’ai raconté mon cheminement dans cet article sur mon blog. 

— Quels sont les types de clients avec lesquels vous collaborez ? Une petite anecdote à partager ?

J’ai eu la chance de travailler avec une grande diversité de clients, qu’il s’agisse d’institutions publiques (le Gouvernement, le Sénat, diverses régions, départements, métropoles et villes), d’entreprises et associations de différentes tailles, de la petite association locale à l’entreprise du CAC40. Pour les curieux, j’ai listé par thématiques mes différents clients sur mon site

Mon parcours passant de l’école d’ingénieur au métier de facilitatrice graphique interroge parfois. Il se trouve cependant que je ne m’en suis pas tant éloignée. J’ai en effet pu collaborer avec mon ancienne école (l’ENSGSI, qui forme au management de l’innovation) pour mettre en images les cours de créativité et de management d’équipe. Au final, tout est lié !

— Un mot sur votre blog « J’ai lu ça » ?

J’ai décidé il y a presque 3 ans de faire coïncider mon amour pour les livres et ma passion pour la facilitation graphique pour faire naître mon blog intitulé “ J’ai lu ça ”.

Je lis chaque mois un livre de type essai que je prends plaisir à résumer en dessins. Ce blog constitue un espace de liberté où je peux à la fois partager mes lectures et centres d’intérêts et explorer des traitements graphiques.