DATA SCIENCE.

Chaque année, l’humanité produit des dizaines de milliards de téraoctets et pourtant cette quantité de données apparaît dérisoire en comparaison avec ce qui est attendu pour les quinze prochaines années avec l’avènement de la 5G et la généralisation de l’Internet des Objets. Cette croissance exponentielle va révolutionner nos vies bien plus que les bouleversements apportés par Internet et la téléphonie Mobile.

En Afrique, les organisations publiques et privées ne semblent pas avoir pris la mesure de cette nouvelle révolution. Si la transformation digitale les a bousculées, celle des données (la data) et de l’intelligence artificielle sera impitoyable.

Pourtant, bien préparées, elles impulseraient un virage significatif au continent et propulseraient les hubs technologiques africains au sein de l’écosystème technologique mondial. Alors n’attendons pas une nouvelle crise planétaire pour investir massivement dans la transformation de nos données et nous en servir pour le développent pérenne de notre continent.

La chaîne de valeur de la data a mis du temps à être apprivoisée. Les projets de Business Intelligence (BI) ont été nombreux, essentiellement orientés à des fins de reporting et de suivi stratégique de l’entreprise.

Or depuis plus d’une décennie, les Big Data, c’est-à-dire la profusion de données massives structurées et non structurées a montré que la chaîne de valeur classique de la donnée devait évoluer pour passer du modèle analytique au modèle prédictif et permettre ainsi aux décideurs de prendre des décisions éclairées au bon moment.

En effet, les Big Data permettent de faire émerger à partir de l’analyse de l’historique des données de l’entreprise et des nouvelles sources de données, des modélisations et des comportements pour prédire, améliorer, automatiser et innover.

Atteindre le niveau de personnalisation et d’efficacité opérationnelle nécessaire pour être compétitif dans un environnement de plus en plus rapide est une priorité pour tous les dirigeants de tout type d’organisations quel que soit le secteur privé ou public.

Toutefois l’exploitation de données massives nécessitera de nouvelles compétences à la croisée des mathématiques, de la programmation informatique et de l’analyse. En effet, la science des données permet aux entreprises de recentrer les collaborateurs sur des tâches plus créatives et complexes tout en automatisant celles qui sont à non-valeur ajoutée.

Cette dynamique est déjà en marche dans les pays émergents. Dans son dernier rapport «Future of Jobs», le World Economic Forum a annoncé qu’avec le COVID, 50% des entreprises ont accéléré l’automatisation des tâches.

Il y a donc, en plus des enjeux technologiques évidents, un réel challenge autour du vivier de compétences existant au Maroc et en Afrique.

data-science

Former vite et autrement la nouvelle génération de Data Scientists africains

Faisant son apparition en 2008, le métier de «scientifique des données» aussi appelé Data Scientist était déjà listé comme le métier le plus «sexy» du 21ème siècle par la Harvard Business Review en 2012, mais ce n’est qu’avec l’évolution des infrastructures et du cloud, que la manipulation des Big Data s’est peu à peu démocratisé au sein des entreprises et startups.

Selon le Word Economic Forum, les métiers de demain les plus dynamiques sont ceux autour de Data et l’IA. Les rôles ayant le taux de croissance le plus élevé seront en autres les spécialistes de l’intelligence artificielle, les Data Scientist et les ingénieurs full stack. Cette tendance est confirmée dans le dernier rapport Linkedin sur les métiers émergeants où le Data Scientist figure dans le TOP 3 des métiers les plus demandés, avec une croissance de 34% sur la dernière année.

Les besoins de compétences en numérique concernent toutes les tailles d’entreprises cependant le vivier de talents des experts du numérique tarde à se constituer et en fait un des défis majeurs à relever dans le monde économique en période de relance. Au Maroc, selon l’étude Digital Talent Review de Huawei, 41 % des dirigeants d’entreprises numériques citent le manque de professionnels du numérique formés à l’IA.

Il est donc urgent de former vite et efficacement les jeunes qui seront au cœur de cette révolution technologique. Le monde de l’éducation n’a pas échappé à la transformation digitale avec l’apparition de nouveaux modèles éducatifs adaptés de type «bootcamp». Ces formations courtes et intensives proposent une approche pragmatique permettant à l’apprenant d’acquérir en 9 semaines les fondamentaux et l’expérimentation nécessaire à l’acquisition des compétences techniques.

Que ce soit pour les jeunes qui souhaitent se spécialiser après leur formation initiale ou les professionnels qui souhaitent changer de métier ou rafraîchir leurs compétences, le modèle a été éprouvé et plébiscité pour les formations en Web Development et en Data Science. Le Wagon, élu meilleur coding bootcamp au monde depuis plusieurs années, propose dorénavant une formation intensive en Data Science et prévoit d’ouvrir un campus dès Septembre à Casablanca et dans les prochains mois dans plusieurs hubs technologiques sur le Continent.

Pour la jeunesse marocaine et africaine, il n’y a jamais eu de meilleur moment pour orienter ses choix de formation en misant sur un métier d’avenir à leur portée. Avec la transition démographique que connaît l’Afrique et les chiffres vertigineux prédit pour 2050 par les projections des Nations Unies, avec 50% de la population africaine qui sera âgé de moins de 25 ans et à l’échelle mondiale, un jeune sur trois, âgé de 15 à 29 ans, qui sera Africain, il est évident que les compétences numériques et notamment celles autour de la donnée seront un des catalyseurs du développement de l’Afrique de demain.