Et si on mettait du design dans nos conceptions ?

Des entreprises comme Airbnb, Fitbit ou Apple ont mis le design au coeur de leur activité. Mais qu’est-ce que ce mot désigne ? Du branding ? Des belles formes ? Une interface utilisateur innovante ?

C’est tellement plus que ça !

Le design, c’est avant tout un état d’esprit, une approche à un problème et un facteur de différentiation face à la concurrence. 

La définition la plus simple du design, fournie par Dieter Rams, est celle d’une méthode de résolution de problèmes. Qu’il s’agisse de plans, d’une identité visuelle, d’une interface utilisateur intelligente ou encore d’une brochure, d’une chaise ou d’une machine à café, la conception façon design peut aider à résoudre un problème visuel ou physique. 

Un bon design ? Celui qui ne se voit pas !

Cette définition peut sembler paradoxale car les meilleurs designs semblent ne pas être « conçus » du tout, pas « visibles ». Au début des années 80, Rams a mis à plat les 10 principes importants de ce qu’il considérait comme un « bon design » : 

  1. Un bon design est innovant : la conception innovante se développe toujours en tandem avec une technologie innovante.
  2. Un bon design rend un produit utile : Un produit est acheté pour être utilisé, une plateforme est développée pour être parcourue. Le produit final doit répondre à des critères fonctionnels mais aussi psychologiques et esthétiques. 
  3. Un bon design est esthétique : La qualité esthétique d’un produit fait partie intégrante de son utilité car les produits que nous utilisons au quotidien affectent notre personne et notre bien être. 
  4. Un bon design rend un produit compréhensible : Le design clarifie la structure du produit voire, mieux, peut le faire parler, l’explicite.  
  5. Un bon design est discret : Les produits design ne sont ni des objets décoratifs, ni des oeuvres d’art. Leur design doit donc être à la fois neutres et sobres, pour laisser place à l’expression de soi de l’utilisateur et remplir leur rôle d’outils. 
  6. Un bon design est honnête : Le design ne doit pas tenter de manipuler l’utilisateur avec des promesses qui ne peuvent être tenues. 
  7. Un bon design est durable : Le bon design évite d’être à la mode et n’apparaît donc jamais désuet, périmé, d’un autre temps. Contrairement au design à la mode, il dure de nombreuses années, même dans la société jetable d’aujourd’hui. 
  8. Un bon design est complet : Rien ne doit être arbitraire ou laissé au hasard. Le soin et la précision dans le processus de conception témoignent du respect envers le consommateur. 
  9. Un bon design est écologique : Le bon design préserve les ressources et minimise la pollution physique et visuelle tout au long du cycle de vie du produit. 
  10. Un bon design, c’est le moins de design possible : Moins, c’est mieux. Le bon design se concentre sur les aspects essentiels, veille à ce que les produits ne soient pas surchargés d’éléments non essentiels et signe un retour à la pureté et à la simplicité. 
Un autre exemple de “good design” : les productions de la marque BIC.
Aujourd’hui,
peu d’entreprises prennent le design au sérieux.
Dieter Rams
— Dieter Rams, designer industriel allemand.
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Livrer un produit significatif et délibéré

C’est la fusion de tous ces principes, véritables dix commandements, qui permet de livrer un produit significatif et délibéré qui aide à réaliser des objectifs spécifiques et dont les consommateurs tomberont amoureux. 

Design & Start-ups

Le bon design prend racine dans la culture des startups : pendant longtemps, la paire de co-fondateurs de startups à succès a intégré un manager et un ingénieur (Facebook, Microsoft, Apple pour n’en nommer que quelques-uns).

Pour ces entreprises, le design était une nécessité qu’elles ne pouvaient pas se permettre d’ignorer. Le design était un facteur de différentiation clé pour ces structures afin d’acquérir des financements, une couverture médiatique et des utilisateurs fidèles. 

La page d’accueil de Google, l’incarnation du “good design”, minimaliste, intemporel, utile ! Pas besoin de mode d’emploi !

L’utilisateur au cœur de la conception

Quiconque aborde un projet avec l’intention de comprendre ce que l’utilisateur pense, veut et va faire est un concepteur UX. En tant que concepteur UX, commencez par vous poser une série de questions : 

  • Recherche utilisateur : comprenez les besoins de votre utilisateur et découvrez les besoins que vous devez résoudre
  • Psychologie : Comprenez comment les gens utilisent les produits, à quoi pensent-ils, de quoi ont-ils peur ?
  • Convivialité : L’utilisateur peut-il prendre en main le produit facilement et effectuer facilement des tâches ?
  • Conception visuelle : Prenez soin du noyau de base de la conception, comme la mise en page, la typographie, la hiérarchie, le storytelling ou la forme et le packaging.
  • Technologie : Sur quelle plateforme travaillons-nous, comment fonctionne cette plateforme, quelles en sont les limites techniques ?

Toutes les réponses à ses questions façonneront la conception du produit et trouveront des solutions aux problèmes rencontrés par les utilisateurs, tout en tenant compte des exigences du système et des besoins de l’entreprise.

Un clavier d’ordinateur est-il vraiment un exemple de “good design” ?

Concevoir une expérience utilisateur exceptionnelle

L’UX doit être envisagé comme une science plutôt que comme un art, ce qui signifie qu’il y a à la fois un processus et une méthode derrière. Le processus commence à un niveau élevé, en définissant la stratégie et la portée, et se développe à travers la structure et le squelette, jusqu’à la conception visuelle, qui donne le produit final.

A UI without UX is like a painter slapping paint onto canvas without thought;
while UX without UI is like the frame of a sculpture with no paper mache on it.
A great product experience starts with UX followed by UI.
Both are essential for the product’s success.
— Rahul Varshney, co-fondateur de Foster.fm.
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Mahja Nait Barka
Diplômée de SKEMA Business School (ESC Lille) en Management et Marketing International, Mahja NAIT BARKA bénéficie de douze années d'expérience dans le marketing stratégique, le e-commerce, le webmarketing et les RP, au Maroc et en France. Multilingue, multiculturelle, multi-spécialiste, Mahja capitalise une expertise transversale, acquise en agence, au sein ou à la tête de Directions Marketing, dans le cadre de missions de consulting ou de ses activités de créatrice d’entreprise et est Présidente de la Commission 'Communication & Digital' au sein de l'AMMC (Association Marocaine du Marketing et de la Communication).
Publications: 102

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